
Une vaste étude américaine menée sur deux décennies révèle que le régime méditerranéen réduit jusqu’à 25 % le risque d’AVC hémorragique chez les femmes. Une découverte majeure qui confirme le pouvoir protecteur de cette alimentation ancestrale, particulièrement après la ménopause.
L’Accident vasculaire cérébral (AVC) demeure l’une des principales causes de décès chez les femmes. Aux États-Unis, une femme sur cinq âgée de 55 à 75 ans sera victime d’un AVC, selon les Centers for Disease Control and Prevention (CDC). Face à ce constat, les chercheurs de la California Teachers Study ont suivi pendant 20,5 ans plus de 105 000 enseignantes californiennes. Leurs résultats, publiés dans Neurology Open Access, apportent des preuves robustes du rôle protecteur du régime méditerranéen.
Les résultats sont éloquents : les femmes qui adhéraient le plus au régime méditerranéen présentaient une réduction de 18 % du risque global d’AVC. Plus impressionnant encore, le risque d’AVC ischémique qui est causé par l’obstruction d’une artère cérébrale diminuait de 16 %. Quant au risque d’AVC hémorragique, provoqué par une rupture vasculaire, chutait de 25 %.
Cette dernière découverte revêt une importance particulière. Comme le souligne le Dr Sophia Wang, auteure principale, « on sait que les facteurs liés au mode de vie influencent le risque d’AVC ischémique, mais les bienfaits alimentaires pour les AVC hémorragiques constituent une nouvelle découverte ». Cette spécificité enrichit notre compréhension des mécanismes de protection cardiovasculaire.
Le régime méditerranéen privilégie les légumes frais, fruits de saison, légumineuses riches en fibres, huile d’olive extra-vierge, noix et poisson riche en oméga-3. Il limite drastiquement la viande rouge et les produits laitiers, tout en autorisant une consommation modérée d’alcool. Dans l’étude, les participantes ont été évaluées selon un système de notation sur 9 points. Plus le score était élevé, meilleure était l’adhésion au modèle méditerranéen et plus la protection contre l’AVC s’avérait significative.

Un enjeu crucial après la ménopause
« Le risque d’AVC chez les femmes augmente à la ménopause et reste élevé par la suite », explique le Dr Wang. La chute des œstrogènes, hormones protectrices du système cardiovasculaire, expose les femmes ménopausées à une vulnérabilité accrue. L’adoption d’un régime méditerranéen constitue une stratégie préventive accessible et efficace, compensant partiellement la perte de cette protection hormonale naturelle.
Le Dr Andrew Freeman, cardiologue préventif, rappelle que « de nombreux cardiologues font référence à l’étude PREDIMED », une recherche espagnole majeure qui avait établi une réduction globale des événements cardiovasculaires chez les participants suivant ce régime. Au-delà de la protection cardiovasculaire, des études ont aussi associé le régime méditerranéen à une diminution du risque de démence, dépression, cancer du sein et diabète de type 2.
Les mécanismes biologiques expliquent ces effets protecteurs. L’huile d’olive, riche en acides gras mono-insaturés et polyphénols antioxydants, combat l’inflammation vasculaire. Les poissons gras apportent des oméga-3 qui réduisent la formation de caillots. Les fruits et légumes fournissent des antioxydants neutralisant le stress oxydatif. Les fibres des légumineuses régulent glycémie et cholestérol, deux facteurs de risque cardiovasculaire majeurs.
Le Dr Freeman reconnaît que « les chercheurs n’ont pas suivi l’évolution du régime alimentaire au fil du temps ». Les habitudes ont été évaluées uniquement au début de l’étude. De plus, l’étude étant observationnelle, elle établit une association statistique sans prouver formellement un lien de causalité. D’autres facteurs corrélés – mode de vie sain, activité physique, meilleur suivi médical – pourraient contribuer aux bénéfices observés.
« Il s’agit d’une nouvelle étude montrant qu’un régime alimentaire à base d’aliments complets et d’origine végétale est l’un des meilleurs moyens de prévenir les maladies cardiovasculaires et cérébrovasculaires », conclut le Dr Freeman. Ce consensus scientifique devrait encourager la promotion du régime méditerranéen comme stratégie de prévention primaire, particulièrement auprès des femmes approchant de la ménopause. Accessible, savoureux et validé par la science, le régime méditerranéen incarne une véritable médecine préventive à portée de fourchette.
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