
Une révolution thérapeutique qui pourrait transformer la lutte contre les fièvres hémorragiques dans les pays émergents vient d’être annoncée. Des chercheurs américains ont développé un antiviral oral capable de sauver 100% des primates infectés par Ebola, ouvrant la voie à une protection inédite contre l’une des maladies les plus redoutées au monde.
Une simple pilule à prendre une fois par jour pourrait bientôt devenir l’arme ultime contre l’un des virus les plus mortels de la planète. Des scientifiques de l’University of Texas Medical Branch viennent de publier dans Science Advances les résultats spectaculaires d’un antiviral expérimental nommé obeldesivir.
Administré à des singes ayant reçu une dose mortelle de l’ébolavirus du Zaïre, la souche la plus dévastatrice avec un taux de létalité pouvant atteindre 90%, ce nouveau médicament a permis une survie de 100% chez les macaques rhésus et de 80% chez les macaques cynomolgus.
L’obeldesivir, dérivé oral du remdesivir initialement développé contre la COVID-19, ne se contente pas de stopper la réplication virale. Les chercheurs ont observé qu’il semble également renforcer la réponse immunitaire adaptative des primates, leur permettant de développer leurs propres défenses contre le virus.
Cette avancée pourrait transformer radicalement la gestion des épidémies dans les pays émergents, notamment en Afrique où plusieurs nations sont régulièrement confrontées à ces menaces. Entre 2014 et 2016, une épidémie dévastatrice a infecté près de 30 000 personnes et causé plus de 11 000 décès en Afrique de l’Ouest, rappelant l’urgence de disposer de traitements efficaces et facilement déployables.
Une polyvalence salutaire
L’impact potentiel de cette découverte dépasse largement le cadre d’Ebola. Les tests préliminaires indiquent que l’obeldesivir serait également efficace contre le virus du Soudan, deuxième espèce d’Ebola la plus fréquente, et le virus de Marburg. Ce germe a récemment tué au moins 10 personnes en Tanzanie. Cette polyvalence en fait un outil précieux pour contrer différentes menaces virales émergentes.
Contrairement aux traitements actuels qui nécessitent une administration intraveineuse et une chaîne du froid stricte, limitant considérablement leur déploiement dans les zones reculées ou à ressources limitées, l’obeldesivir présente des avantages logistiques majeurs. « Pour la réponse aux épidémies, les antiviraux oraux pourraient présenter des avantages substantiels par rapport aux médicaments intraveineux actuellement approuvés, tels que la facilité d’approvisionnement, de stockage, de distribution et d’administration », soulignent les chercheurs.
Cette innovation représente un espoir sans précédent pour renforcer la résilience sanitaire des pays tropicaux face aux maladies infectieuses émergentes. Si son efficacité se confirme chez l’homme, l’obeldesivir pourrait devenir un élément central des stratégies de sécurité sanitaire mondiale, permettant des interventions rapides avant même que les épidémies ne prennent une ampleur catastrophique.
D’autres études seront nécessaires pour valider ces résultats prometteurs chez l’humain, mais cette percée scientifique marque déjà un tournant décisif dans notre capacité à combattre l’une des maladies les plus terrifiantes de notre époque. C’est aussi une découverte qui a le potentiel de rééquilibrer l’accès aux innovations thérapeutiques entre pays développés et émergents.
Carrefour-Soleil
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